Et Dieu créa les formateurs

Oh, qu’ils sont beaux ces discours de l’entreprise 3.0: “nous sommes l’avant-garde de l’écologie”, “nous avons une mission sociale”, “nous travaillons pour votre avenir”, “nous innovons pour sauver la Planète”, “l’éthique est au cœur de notre ADN”… Les entreprises ont définitivement intégré dans leurs discours le bon côté de la force. Mais s’il existe si peu de lanceurs d’alertes, ce n’est peut-être pas parce que les entreprises sont des anges qui veillent sur nous, mais parce que les normes éthiques effectivement appliquées sont quasi inexistantes, tout n’étant que langue de bois.
Et c’est là que je me propose d’intervenir.

Voici une proposition indécente que seule une entreprise réellement vertueuse (attention, oxymore) peut accepter: se heurter de plein fouet à un discours radical fomenté dans une volonté de lutte contre le capitalisme en place. Autant dire que si je veux avoir des clients nombreux, je ne m’y prends pas très bien.
Mais voyons, vous autres gens sérieux qui avait délaissé éventuellement le costard pour faire plus Zuckemberg que Macron, dites-vous bien qu’écouter les fous est parfois fort utile.
Car ce qui me paraît le plus indécent dans les échanges que j’ai sur le sujet, c’est le décalage digne de la psychothérapie entre le constat, parfois pas si éloigné du mien, et l’action.
Les gens sérieux qui dirigent en grande partie ce monde, à petite ou grande échelle, sont de deux sortes: les pragmatiques (ou les cyniques) et les ignorants. Les premiers comprennent, mais ne voient pas d’autre issue que de continuer, alors ils continuent en espérant que le problème ne viendra qu’une fois qu’ils ne seront plus là pour le voir. Les seconds ne voient pas où est le problème.
Mais dans les deux cas, pour des raisons différentes, face aux fous qui prédisent la fin des haricots, ils n’ont plus grands arguments, si ce n’est un pal: “la fin du monde, on nous en parle depuis toujours et ça n’arrive jamais”. Ce à quoi le fou répond: “il suffit d’une fois”.
J’en suis au point où j’implore péniblement leur conscience en posant simplement ces questions: “et si j’avais raison ? et si une forme d’effondrement global a déjà démarré ? et si nos enfants risquent-ils de vivre dans une ère bien ténébreuse ?”. Comble de la folie (puisque pour le fou que je suis, les fous, ce sont les autres, n’est-ce pas ?), on me répond parfois: “mais tu as raison”, puis on continue comme si rien n’était.
Peut-être veut-on juste se débarrasser de moi et de mes injonctions à agir ?
En tout cas la question reste posée: “et si le fou avait raison ?”. Combien d’entre-vous sont capables de se poser franchement cette question en vue d’agir éventuellement autrement, en sortant de son confort acquis ? Dans combien d’entreprises sont-elles présentes, ces personnes-là ? Dans combien ont-elles le pouvoir de décider ?
Je fais le paris qu’il y en a plus d’une. Et j’ai fait le choix de parler d’abord de ce qui est au cœur de notre société moderne: la technologie. Le formation que je propose a un objectif radical: pousser ceux qui l’auront eue à se poser de nouvelles questions, de celles qui remettent en cause le train-train quotidien qui nous endort et anesthésie. Ce pourrait être une question au Bac: “la technologie est-elle bénéfique ?”. La réalité est que, au stade où on en est, de la réponse à cette question dépend notre avenir commun.
Aller voir des ingénieurs et leur proposer de douter de la nature même de leur travail peut paraître naïf: l’échec consisterait soit en un refus immédiat d’écouter, soit dans le risque que cela tourne à un affrontement idéologique entre l’agresseur d’apparence nihiliste et les agressés qui n’ont rien demandé.
Il existe pourtant une troisième possibilité: l’instauration d’une fenêtre temporelle de libertés pendant laquelle les uns et les autres trouveront le moyen d’injecter du sens dans leur travail, voir dans leur vie.
Si les entreprises sont si gorgées de gens qui se donnent de l’importance, ce n’est pas un hasard. Si se donner un air sérieux et occupé est un signe de réussite sociale, ce n’en est pas un non plus. Si notre société semble malade et fait émerger de plus en plus de haine et d’agressivité, c’est peut-être un signe.
Peut-être sommes-nous tous en manque de sens à donner à notre quotidien et à notre vie ? Pour y remédier, rien de tel que de prendre le temps de se poser, de se regarder et de s’interroger. Ce n’est pas la quête du bonheur, c’est juste une quête de sens et d’éthique.
Au mieux, je donnerai l’occasion à certains d’envisager de nouvelles voies. Au pire, j’ouvrirai quelques soupapes qui ne demandent qu’à évacuer un peu… la vacuité du quotidien métro-boulot-dodo. Et tant mieux si je trouve en face de moi des gens heureux, contents de leur quotidien et qui ont trouvé du sens dans leur vie dans la trépidante triptyque boulot-vacances-shopping, tout cela en famille, bien entendu. Le débat n’en sera que plus riche.
Si j’en suis arrivé à croire que ce que j’ai à dire pourrait toucher juste, c’est parce que mon parcours m’a permis d’apercevoir ma vie à travers le prisme du lien entre humain et Nature. S’il y a une chose que tout le monde devrait reconnaître, c’est que nous avons créé une civilisation quasi hors-sol. Donc, quasi dissociée de la Nature, donc étymologiquement, dissociée de la nature des choses. Or, en adoptant un point de vue holistique, être ingénieur, par exemple, ne peut être très différent du fait d’être jardinier, apiculteur, auto-constructeur de sa maison, ou encore philosophe. Parce que j’ai voulu tout faire, que je me suis aperçu qu’il n’existe qu’un seul métier: se nourrir et nourrir ses proches. Le reste, n’est que concours de circonstances, pour certains malheureusement définitifs. Pourtant, c’est aussi en ayant une approche globale de la vie qu’on commence à voir émerger quelques vérités essentielles imperceptibles lorsque pris dans le piège d’un point de vue atrophié et localisé.
Les enfants le comprennent mieux que les adultes: leur curiosité les mène à tout et seul le poids social et le formatage de l’école finissent par avoir raison de leur amour de la découverte. Certes, certains continuent à jouer au Lego dans leur travail, mais cela ne fait pas d’eux de grands enfants, comme on le dit parfois, puisque si peu passent leur temps à apprendre et comprendre. C’est peut-être là le message essentiel que je veux passer: à une époque ou “innover” est devenu une forme de religiosité collective, il faut peut-être cesser de vouloir toujours inventer et mettre notre empreinte sur le monde: il faut d’abord se remettre à comprendre ce qui nous a précédé, cette merveilleuse construction de Vie que nous appelons la Nature. Ensuite seulement, nous allons peut-être pouvoir repenser notre espace et le temps qui nous est alloué de manière non pas à nous opposer énergiquement à elle, mais juste à profiter de sa perfection, perfection dont nous faisons également partie. Et comme dit Hérvé Cove, dont je m’inspire en partie dans ma formation: la Vie est belle.

Une dernière chose: cela s’appelle une formation, ce qui, à juste titre, s’apparente à formatage. Évidemment, ce n’est qu’une forme administrative à donner. Appelons cela un débat philosophique où le modérateur sera payé pour ses offices. Et débattons.

Pour connaître le contenu de la formation (sans dévoiler les détails trépidants de la trame),vous pouvez télécharger le programme ici.